Prenant en examen un manuscrit que le peintre de décors italien Ignazio Degotti (1758-1824) a rédigé en 1799, ma contribution explorera la façon dont le rôle du peintre de décors a évolué en France au cours du XIIIe siècle, tout en se concentrant sur la façon dont le savoir-faire italien dans les domaines de la perspective et de la technique de la mise en scène s’est entrecroisé avec la compréhension française de la « scénographie » et de la « mise en scène ». Dans mon étude, j’éclairerai le passage du décor typique du baroque, marqué par le « magique » et le « merveilleux », à la reformulation de la scène présente dans l’idée de « tableau », et j’analyserai la façon dont cela se reflète dans la pratique novatrice et ambitieuse de Degotti. Après avoir commencé sa carrière en Italie, Degotti s’installe à Paris en 1790. Là, il travaille initialement comme décorateur au Théâtre de Monsieur. Dans la même période il travaille aussi avec l’acteur Talma et le dramaturge Jean-François Ducis pour la mise en scène d’Abufar ou La famille arabe au Théâtre de la République en 1795. Dès 1795 et jusqu’à la fin de sa carrière il est chef décorateur au Théâtre de l’Opéra. Degotti abordait son art en fin et habile connaisseur d’architecture, de perspective, de décoration et de botanique. Convaincu qu’une création d’opéra est soutenue par la composante visuelle et que le rôle du décorateur était moins celui de simple pourvoyeur de solutions scénotechniques que celui d’interlocuteur artistique, il se croyait censé offrir un niveau excellent de spectacle visuel. Ce manuscrit, qui est une lettre adressée à l’administration de l’Opéra, est une puissante affirmation de ce que, selon Degotti, un peintre de décors était ou pouvait être, et de ce dont un décorateur qualifié devait être capable. À son avis, son rôle était celui d’un intellectuel, d’un producteur d’idées, et d’un créateur qui absorbe et recrée différentes narrations moyennant le savoir scientifique, la recherche du sujet, et l’expérience personnelle. Au travers de la vie et de la carrière de Degotti, je démontrerai la façon dont il a joué son rôle en tant que créateur de dramaturgies visuelles, situant sa pratique dans le cadre des pratiques visuelles et culturelles de la fin du XIIIe siècle. Je soutiendrai que malgré le caractère fragile et éphémère de son support, la scénographie a été pour l’opéra une composante aussi décisive que la musique, la danse et le texte.
La dramaturgie du visible dans le décor d’Ignazio Degotti (1758-1824): Expertise italienne dans un contexte français / Cazzato, Elisa. - (2024). ( La dramaturgie du visible Scénographie, costumes & mouvement sur la scène de l’Époque moderne 1500 − 1800 Sorbonne Université; Centre de Musique Baroque de Versailles (CMBV), Parigi 1-3 luglio 2024).
La dramaturgie du visible dans le décor d’Ignazio Degotti (1758-1824): Expertise italienne dans un contexte français
elisa cazzato
2024
Abstract
Prenant en examen un manuscrit que le peintre de décors italien Ignazio Degotti (1758-1824) a rédigé en 1799, ma contribution explorera la façon dont le rôle du peintre de décors a évolué en France au cours du XIIIe siècle, tout en se concentrant sur la façon dont le savoir-faire italien dans les domaines de la perspective et de la technique de la mise en scène s’est entrecroisé avec la compréhension française de la « scénographie » et de la « mise en scène ». Dans mon étude, j’éclairerai le passage du décor typique du baroque, marqué par le « magique » et le « merveilleux », à la reformulation de la scène présente dans l’idée de « tableau », et j’analyserai la façon dont cela se reflète dans la pratique novatrice et ambitieuse de Degotti. Après avoir commencé sa carrière en Italie, Degotti s’installe à Paris en 1790. Là, il travaille initialement comme décorateur au Théâtre de Monsieur. Dans la même période il travaille aussi avec l’acteur Talma et le dramaturge Jean-François Ducis pour la mise en scène d’Abufar ou La famille arabe au Théâtre de la République en 1795. Dès 1795 et jusqu’à la fin de sa carrière il est chef décorateur au Théâtre de l’Opéra. Degotti abordait son art en fin et habile connaisseur d’architecture, de perspective, de décoration et de botanique. Convaincu qu’une création d’opéra est soutenue par la composante visuelle et que le rôle du décorateur était moins celui de simple pourvoyeur de solutions scénotechniques que celui d’interlocuteur artistique, il se croyait censé offrir un niveau excellent de spectacle visuel. Ce manuscrit, qui est une lettre adressée à l’administration de l’Opéra, est une puissante affirmation de ce que, selon Degotti, un peintre de décors était ou pouvait être, et de ce dont un décorateur qualifié devait être capable. À son avis, son rôle était celui d’un intellectuel, d’un producteur d’idées, et d’un créateur qui absorbe et recrée différentes narrations moyennant le savoir scientifique, la recherche du sujet, et l’expérience personnelle. Au travers de la vie et de la carrière de Degotti, je démontrerai la façon dont il a joué son rôle en tant que créateur de dramaturgies visuelles, situant sa pratique dans le cadre des pratiques visuelles et culturelles de la fin du XIIIe siècle. Je soutiendrai que malgré le caractère fragile et éphémère de son support, la scénographie a été pour l’opéra une composante aussi décisive que la musique, la danse et le texte.| File | Dimensione | Formato | |
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